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Luna Ribeiro

Dernière mise à jour : 20 déc. 2025


Luna, c’est le genre de fille qui parle peu au début, mais qui capte tout : les tensions dans une pièce, les sous-entendus dans une phrase, les “ça va” qui veulent dire “je suis au bout de ma vie”, et les sourires qui servent juste à tenir debout.

Elle observe d’abord, elle comprend vite, et souvent elle sait qu’un truc cloche avant même que les autres aient réalisé qu’il y avait un problème, sauf qu’elle ne le dit pas forcément, parce qu’elle déteste mettre le feu, et qu’elle préfère encore se taire plutôt que d’être celle qui “fout la merde”.

Elle vit en Suisse romande, mais chez elle, le portugais reste la langue du cœur, celle qui sort naturellement quand on est fatigué, énervé, ou juste vrai, et elle va à l’école portugaise le mercredi, donc elle grandit avec ce côté “deux mondes dans la tête” : deux façons de parler, deux façons de vivre, deux façons de se comporter, et cette impression constante d’être un peu entre les lignes, jamais complètement d’un côté, jamais complètement de l’autre. Elle connaît aussi par cœur les dramas de telenovelas, même si elle prétend que c’est “sa mère qui regarde”, ce qui est évidemment la phrase la plus suspecte de l’histoire.

Son vrai refuge, c’est la lecture. Luna dévore surtout des récits fantastiques, parce que les univers imaginaires, au moins, ont des règles claires, et parce que dans les livres, les émotions ont un sens au lieu d’arriver en vrac. Elle peut te sortir une analyse ultra sérieuse sur un personnage fictif, et ça fait rire les autres, sauf que chez elle c’est pas une blague : elle lit pour respirer, pour s’échapper, et pour comprendre le monde sans avoir à s’y cogner de face. Et surtout, elle rêve d’être écrivaine, pas en mode “si un jour…” mais en mode “ça me suit partout”, parce que les mots, c’est son endroit sûr, celui où elle peut remettre de l’ordre quand tout le reste part en vrille.

À l’école, elle est sérieuse, surtout dès que ça touche aux langues et à l’écriture, et elle fait partie du journal scolaire : elle écrit des articles que certains trouvent “trop prof” ou “trop prise de tête”, alors que les adultes adorent et sortent leur phrase préférée, celle qui l’agace presque autant qu’un contrôle surprise : “c’est très mature pour ton âge”. Luna encaisse, elle réfléchit, elle garde beaucoup pour elle, et cette gentillesse-là lui coûte parfois cher, parce qu’elle a tendance à porter des trucs qui ne devraient pas être sur ses épaules.

Dans sa famille, elle est ultra attachée à son petit frère Thomas, c’est son repère, son “ok, là je respire”. Sa mère est très présente, parfois un peu trop, mais avec cette façon de vouloir bien faire qui peut étouffer sans s’en rendre compte, et Luna, elle, se retrouve souvent dans le rôle de celle qui gère, qui organise, qui arrondit les angles, comme si c’était sa mission de maintenir la paix générale. Sauf qu’elle commence à piger un truc important : être la fille “sage” et “raisonnable”, ça ne fait pas disparaître le chaos, ça le range juste dans un tiroir, et le tiroir finit toujours par déborder.


Et puis, oui : il y a un crush. Pas un petit “il est mignon” vite oublié, mais un vrai truc qui prend trop de place dans sa tête, un truc qui la fait douter, qui la rend bête, qui lui donne envie de sourire toute seule devant son téléphone, et qui lui fait peur en même temps, parce qu’elle refuse d’être celle qui casse un équilibre, qui complique les choses, qui blesse quelqu’un par maladresse ou par égoïsme. Du coup, elle ne dit rien, elle avance à petits pas, elle se censure, elle se raconte qu’elle contrôle… sauf qu’évidemment, elle y pense tout le temps.

Luna veut juste que tout le monde aille bien, sauf que l’été qui arrive lui apprend doucement une vérité un peu vexante : à force de vouloir être parfaite, tu finis par t’oublier, et quand tu t’oublies trop longtemps, c’est toi qui craques en silence. Le chantier, maintenant, c’est d’apprendre à se choisir, au moins un peu, sans avoir l’impression d’être une mauvaise personne.


 
 
 

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