Mathieu Burkenstein
- Centre Cheysar
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- 20 déc. 2025
- 2 min de lecture

Mathieu, c’est le gars qui fait pas de bruit, mais qui voit tout. Il a deux parents allemands, hyper cools, hyper ouverts, et chez lui son homosexualité n’a jamais été un “coming out légendaire” avec violons et larmes : c’était juste un fait, point, assumé, soutenu, normal, comme si on annonçait qu’il aimait le chocolat ou qu’il était daltonien. Et franchement, ça lui a sauvé la vie, parce que dehors, c’est pas du tout la même chanson.
Son refuge, c’est sa chambre, et ça se comprend : posters partout (acteurs, chanteurs, mecs qu’il trouve beaux), lumière douce, fringues qui traînent sur une chaise, et une odeur de lessive + parfum un peu sucré qui fait “Mathieu” direct. Rien n’est caché, rien n’est là pour provoquer, c’est juste lui, tranquille, et ça fait un contraste violent avec l’école et les scouts, où il se prend de l’homophobie à la chaîne, des remarques qui se veulent “pour rire” alors que c’est juste de la lâcheté, et ce truc relou où, si tu traînes avec lui, ça rend le groupe moins “safe” parce que les autres se croient autorisés à commenter.
Aux scouts, justement, Mathieu y va par choix, et il y va sérieusement, pas pour faire le show : il connaît les règles, il respecte le cadre, il apprend vite, il est fiable, et si tu lui donnes une responsabilité, c’est pas “inch’Allah ça passe”, c’est réglé. Il ne s’écrase pas quand l’ambiance devient lourde, mais il ne joue pas non plus au héros qui crie plus fort que tout le monde : il recadre avec calme, il protège quand il faut, il garde la tête froide, et c’est exactement pour ça que les gens finissent par l’écouter.
Avec ses potes, Mathieu a ce talent rare : il peut vanner sec, puis être là à 200% derrière. Il va lâcher un “wesh t’abuses”, lever les yeux comme s’il était fatigué de l’humanité, et deux secondes après il est déjà en mode soutien réel, concret, efficace, sans discours. Typiquement, quand quelqu’un panique — genre Gabriel — Mathieu pique un peu (“tu te rappelles que j’existe seulement pour ça ?”), puis il aide pour de vrai : il écoute, il analyse, il fait répéter mot par mot, il corrige une syllabe au bon endroit, il note ce qui dérape, il entoure ce qui reste faux… le coach que personne n’a demandé, mais dont tout le monde a besoin quand ça compte.
Et le plus drôle, c’est que cette stabilité-là, elle n’a pas toujours existé. Petit, Mathieu avait la réputation de “petite terreur” : il tapait, il partait vite en vrille, il a même fini chez un psy, et Julia, à l’époque, elle le craignait. Sauf qu’il a grandi, il s’est bossé, et maintenant c’est l’inverse : c’est un des rares qui tient debout quand les autres s’effondrent.





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